CRCS
Chaire en gestion de la diversité culturelle et religieuse
crcs

Jorge Karel Leyva Rodriguez

Biographie

Après avoir obtenu deux baccalauréats à Cuba, le premier en études socioculturelles, le second en études bibliques et théologiques, j’ai fait une maîtrise en sciences des religions à la Faculté de théologie et sciences des religions de l’Université de Montréal. Suite à un passage accéléré obtenu en 2013, j’ai commencé mon doctorat sous la direction de Mme Solange Lefebvre. La Chaire en gestion de la diversité culturelle et religieuse, où je suis assistant de recherche, est pour moi une sorte de laboratoire en sciences sociales qui me permet non seulement de développer continuellement mes compétences de recherche, mais aussi d’élargir et d’approfondir ma vision du panorama socioreligieux contemporain.

Projet de recherche

Titre : Fondements philosophiques de la diversité culturelle et religieuse dans les rapports de quatre démocraties libérales : la Grande- Bretagne, la France, le Québec, et la Belgique.
Directrice de recherche : Solange Lefebvre

Dans certaines démocraties libérales, la question de la diversité culturelle et religieuse se pose aujourd’hui comme étant de la plus grande importance lorsqu’il s’agit de réfléchir sur les modes de gestion de la cohésion sociale.  Ainsi, en Europe comme en Amérique du Nord ont lieu depuis quelques années de vifs débats sur des sujets tels que les accommodements raisonnables (Bosset 2007; Lefebvre 2008; Adam et Rea 2010), le libéralisme politique et le pluralisme culturel (Renaut 1999; Seymour 2012; Jacquet 2010), le port de signes religieux dans la sphère publique (Coene et Longman 2008; Dumont et Delgrange 2008; Koussens 2008;  Heine 2009),  la notion de laïcité (Pena-Ruiz 2004; Rémond 2004; Bauberot 2006; 2007; Koussens 2009); le multiculturalisme et le dialogue interculturel (Taylor 1994; Banting et  Kymlicka 2006, Meunier 2008), pour ne mentionner que quelques-uns.

Dans de contextes si différents que la Grande-Bretagne, la France, le Québec et la Belgique, fortement marqués par des rapports sociaux souvent conflictuels entre les majorités nationales et les minorités ethniques, culturelles et religieuses, quatre commissions ont été créées afin de répondre à certaines  problématiques concrètes ayant un intérêt particulier dans chaque contexte. Ainsi, The Commission on the Future of Multi-Ethnic Britain, financée par la fondation Runnymede,  avait pour but de proposer des voies pour contrer la discrimination raciale et les désavantages sociaux présents dans la société britannique (Parekh 2000, p. 8); pour la Commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité dans la République, il était question de trouver « les mesures susceptibles de favoriser une mise en œuvre apaisée du principe de laïcité », tel que demandé par le président de la République française, Jacques Chirac (Stasi 2003, p.3); au Québec, suivant un décret gouvernemental, la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles avait pour mandat « de dresser un portrait des pratiques d’accommodements qui ont cours au Québec », aussi bien que d’analyser « les enjeux qui y sont associés en tenant compte des expériences d’autres sociétés » (Bouchard-Taylor 2008, p.18). Finalement, la commission belge Assises de l’Interculturalité, dont le rapport fut remis en 2010 à Joëlle Milquet, vice-première ministre et  ministre de l’Emploi et de l’Égalité des Chances, avait parmi ses objectifs de « développer une politique de communication dans l’ensemble du pays permettant de promouvoir la richesse des cultures, la réussite des insertions, du métissage de la société, la valorisation des talents, et tenter de briser les stéréotypes et caricatures ». (Foblets-Kulakowski 2010, p.11-12).

Bien que dans les quatre commissions la question de la diversité culturelle et religieuse soit au cœur des problématiques par elles examinées, selon les recherches que nous avons faites, les fondements philosophiques de cette diversité ne semblent pas encore été suffisamment étudiés. Or, si la diversité peut être pensée en tant que concept philosophique (Renaut 2009, p. 14), ce concept doit pouvoir être saisi dans le discours explicite ou implicite sur la diversité que l’on trouve dans les quatre rapports correspondants.

Suivant d’une méthodologie d’analyse de contenu, ma recherche aura pour but de comparer les fondements philosophiques de la diversité culturelle et religieuse dans les rapports des quatre commissions suivantes : The Commission on the Future of Multi-Ethnic Britain (Parekh 2000); Commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité dans la République (Stasi 2003); Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (Bouchard-Taylor 2008); et Assises de l’Interculturalité (Foblets-Kulakowski 2010).
Cette recherche s’inscrit dans le cadre du projet international  Diversité culturelle et religieuse dans quatre contextes nationaux : étude comparée de la dynamique identitaire et de la régulation de la religion, dirigé par Madame Solange Lefebvre, et financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada.

 

Jorge